Titre : Les thématiques étudiées en réseau

- L'Éducateur de rue, dans son rôle
d'éducation informelle face à l'éducation formelle
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(Production Portugal)

Conversas de Rua - Associaçao
Coordinateur: Helder Luis Santos
Adresse:
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L'Éducateur de rue, dans son rôle d'éducation informelle (avec les jeunes, les familles et les institutions) face à l'éducation formelle (l'école, les dispositifs de contrôle social).

"Les luttes sociales sont aussi des luttes idéologiques […]; la lutte pour la transformation des objets de la politique sociale est en premier lieu une lutte pour leur transparence…" J.Michel Bellorgey "La politique Sociale", SEGHERS

La société contemporaine est caractérisée par la rupture des mécanismes traditionnels de contrôle, de même que, la famille, le voisinage, l'école. Ainsi, la famille cesse d'être le berceau de sécurité et d'affection, elle cesse d'avoir la capacité d'accomplir ses vraies fonctions.

La population jeune est ressentie comme un problème, et est exposée à de nombreux facteurs de risque comme l'oisiveté, la déscolarisation prématurée, le manque d'insertion professionnelle, l'apparition de groupes marginaux. Vient s'ajouter à ce tableau le fait que ces jeunes soient souvent issus de familles culturellement déracinées, avec des dysfonctionnements, des problèmes d'alcoolisme, de drogue.

Il faut prendre en compte que la famille ne fournit pas seulement les soins physiques, mais apprend aussi aux enfants l'interprétation que les parents font de la réalité sociale environnante et que c'est dans la famille que la personnalité de l'enfant se développe dans les premières années et dans les années de formation. C'est effectivement une réalité qui s'est modifiée, car son concept continue à évoluer. Nous pouvons dire, alors que le groupe familial est inter-dynamique, passible de changer, en fonction des autres groupes familiaux et de la société.

L'environnement familial failli pour des difficultés principalement culturelles, ce sont des familles caractérisées normalement par une série de dysfonctionnements desquels ressort le divorce, les familles monoparentales et les familles dont les enfants vivent avec leurs grands-parents.

Comme le nombre d'individus en situation de carence grave, détachés des services traditionnels s'est accru , l'adoption du travail de rue a commencé comme méthodologie principale. L'éducateur de rue est quelqu'un avec plusieurs formations, volontaire ou pas, qui fait de la rue son local de travail, de l'observation à l'abordage, à la création/manutention du rapport de confiance et à l'accompagnement/orientation des situations-problème.

Notre valeur réside dans la façon dont nous abordons les individus, nous les respectons en tant qu'êtres humains avec des choix et des envies, dans la façon dont nous affrontons la rue.

L'éducation informelle se présente de plus en plus comme une façon de modifier les comportements, d'encourager l'assertion, d'autonomiser les jeunes face à l'environnement. Tout cela dépend principalement d'un point: le profil de l'éducateur, sa conscience, ses motivations et sa force.

Un des objectifs du travail de rue est d'établir un contact, une relation. On prétend fournir un soutient psychosocial afin d'améliorer les conditions de santé, d'éducation et de faire en sorte que chaque individu puisse jouir de ses droits, car les populations qui sont "touchées" n'ont souvent pas recours aux services sociaux disponibles parce qu'elles n'ont pas connaissance de leur existence ou parce qu'elles s'adressent à eux mais abandonnent en milieu de processus, dès qu'elles rencontrent certaines contrariétés.

L'intervention doit se faire au niveau de la petite communauté locale, du voisinage de ces jeunes en mobilisant les institutions locales (voisinage, église, associations sportives, écoles,...) pour éviter la désorganisation social.

La (re)intégration dans la vie de la communauté doit, dans la mesure du possible, se faire au dépend des résidents eux-mêmes.

Ces espaces, supposés être de loisir et l'étant tout de même, commencent ainsi à avoir un caractère de "formalité ", parce que c'est là que les jeunes se retrouvent avec nous et que peuvent être travaillés des concepts, des règles, des frustrations, des angoisses, de façon à les doter de compétences personnelles et sociales.

La formalité des espaces ne se situe pas simplement entre quatre murs et un bureau mais, dans la parole qui s'adopte et qui s'adapte au jeune, dans ce qui a pour lui un sens, dans sa recherche intérieur, dans son vrai moi.

Cependant reste un point essentiel dans l'action éducative qui est le travail qui doit être fait par l'éducateur au niveau de la responsabilisation du jeune de ses actes. L'objectif étant que le jeune prenne conscience de ses actes, du bien du mal, de ce qui est autorisé et défendu et puisse les assumer.

Par ailleurs l'éducateur doit toujours essayer "de ne pas faire à la place de ", mais " faire avec " pour ne pas tomber dans un système d'assistanat plutôt que dans un système d'émancipation qui ne serait pas productif, faire en sorte que le jeune n'ai pas peur de l'échec. C'est un travail qui consiste en une approche du jeune plus ciblée et directive, c'est à dire, dans le milieu même du jeune.

Une des forces de l'action éducative est de susciter chaque fois plus la création des collectivités car celles-ci participent au processus d'appropriation de l'espace, et se constituent autour de certaines valeurs, idées et idéologies, ainsi que de promouvoir le développement d'activités sportives et culturelles qui facilite le dialogue et fonctionnent comme réponse aux besoins culturels de la population.

Le type d'enseignement/éducation dispensé dans nos écoles est incapable de captiver nos populations, encore plus quand ces personnes sont émotionnellement déstructurées. Lorsque nous travaillons avec cette population nous savons qu'une éducation informelle doit être appliqué, car tout ce qui devient formel devient une vraie menace. Prenant en compte la réalité vécue dans notre pays, on pourrait penser que les dispositifs de contrôle social trouveraient des stratégies pour répondre aux changements, et aux difficultés rencontrées, ceci ne s'est évidemment pas passé et l'adaptabilité des dispositifs aux besoins de la population est quasi inexistante. Comme conséquence la population est résistante à ces dispositifs, et les dispositifs ne savent pas comment "récupérer" la population.

Ainsi, il est important que les dispositifs (les diverses institutions) fonctionnent et interviennent de façon articulée, leur participation active dans la communauté locale reste fondamental. Nous prétendons créer de façon articulée et coordonnée des conditions pour une amélioration effective de la qualité de la vie de la communauté, du quartier, de la famille et de l'individu.

Actuellement il existe au Portugal ainsi bien que dans d'autres pays d'Europe un fort sentiment de déracinement fruit des différences culturelles entre le pays d'origine et le pays d'accueil ressentis et inévitablement transmis par les parents. Ces jeunes reçoivent une éducation traditionnelle à la maison qui s'oppose souvent à la culture d'accueil dans laquelle ils vivent et dans laquelle ils tentent de s'intégrer (ce qui n'est pas toujours facile vu cette constante confrontation).

Donc, nous pouvons rappeler le phénomène de la migration et émigration qui a contribué à la dissolution des modèles de vie traditionnels menant ces familles vers des problèmes graves de déracinement personnel et social. En conséquence du grand flux d'émigration; on constate la constitution autour des grands pôles urbains, de quartiers considérés par leurs caractéristiques de clandestinité comme de vrais "ghettos" qui ne contribuent ainsi pas au développement personnel et social de chaque individu, en tant que membre constituant d'une famille.

   

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