Commencer petit
Il est conseillé pour débuter, de greffer votre première action de communication sur une activité de l'association. Privilégier le contact personnel pour réaliser un réseau de contacts.
Exemple : commencer avec un journaliste d'un média local
Méthode : demander à un journaliste d'une télévision locale spécialisé dans les affaires sociales (il suffit de téléphoner et de demander qui s'occupe des infos sociales si vous ne connaissez pas la personne) s'il peut vous recevoir une heure, pas plus, pour vous conseiller en matière de communication. Vous lui dites que vous pensez que l'action des travailleurs de rue (notamment dans votre association) est intéressante, utile, importante, et que vous aimeriez la faire davantage connaître au niveau local. Et que lui, en tant que journaliste, pourrait vous donner quelques conseils. Essayez, l'accueil est quasi toujours positif. Vous pourrez vous enrichir de ses conseils, il en profitera pour s'informer sur un sujet qui l'intéresse et vous aurez un premier nom sur votre carnet de contacts presse. Et peut-être une première ébauche d'action à mener, qui amènerait ce journaliste-là à couvrir votre événement.
Le secret de la réussite : un réseau de contacts
Rien ne vaut un contact direct et personnel. Tous les journalistes le disent. Fruit d'un travail de contact régulier, un bon réseau vous permettra de mobiliser des personnes déjà au courant de vos activités quand vous en aurez besoin. Vous récoltez alors ce que vous avez semé.
Ce réseau correspondra sans doute à votre personnalité. Vous aurez plus d'atomes crochus avec tel journaliste, avec tel journal, telle radio. Certaines personnes deviendront peut-être des amis mais parfois aussi le courant ne passera pas.
Concernant le choix de votre "responsable-contact média", il est recommandé que cette personne aime les contacts sociaux et soit à l'aise "en société". Inutile d'envoyer au casse-pipe la personne la plus timide de votre association. Un minimum de diplomatie est aussi recommandé.
Le sentiment de collaboration et d'intérêt commun doit prévaloir dans la relation avec les médias. Certes vous êtes demandeurs, mais les médias ont besoin d'information. Vous êtes à égalité, en sorte, quelque part. Evitez donc d'agir comme si vous deviez exploiter le journaliste, le manipuler à votre profit. Mettez-vous à sa place, mettez vos atouts en évidence de manière objective et créez une relation saine entre vous. |
Apprendre grâce aux autres
Pourquoi ne pas collaborer avec une association sur qui aurait déjà plus d'expérience? Proposez-lui une action commune et apprenez à son contact.
Accumuler l'expérience, c'est aussi accumuler les soutiens
De fil en aiguille, vous connaîtrez vos points forts, vous tirerez les enseignements de vos succès et échecs, renforcerez vos capacités internes et vos relations extérieures.
Communiquer deviendra progressivement un réflexe au sein de votre action, au sein de votre association.
Mais aussi une source d'idées et de soutiens. Plus vous connaîtrez de monde, plus vous serez connu et reconnu, et plus il vous sera facile d'obtenir aide et soutien.
Pour autant, bien sûr, que la qualité du travail suit.
Il ne faut pas bâtir sur du sable ou sur du bluff si on veut durer dans le temps.
Voir plus grand ensuite : le plan de communication
Avec un peu d'expérience, vous pourrez imaginer des plans plus ambitieux, plus structurés avec différentes actions qui se complètent, bref créer un plan de communication
Vers une communication régulière : vitesse de croisière
Quand le vaisseau "communication" sera lancé, vous pourrez progressivement compter sur la vitesse acquise pour aller plus loin :
- nouvelles actions
- nouveaux outils et nouvelles cibles
- élargir le réseau de contacts
- élargir les partenariats
Promouvoir notre colloque :
se faire entendre pour ensuite être vu
Dans le cadre du colloque international consacré au travail social de rue qui s'est tenu à la Martinique en février 2004, chaque média avait son rôle auprès des divers publics ciblés.
Dans un premier temps, nous avons participé à une émission radio, un dimanche midi, sur RFO Martinique. Une émission surtout écoutée par les personnes âgées mais aussi beaucoup d'adultes. Nous y parlions des problèmes sociaux actuels pour ensuite discuter de la rue "d'antan", la rue de leur jeunesse.
Ensuite, nous avons participé à une émission sur Antilles Télévision, une chaîne de proximité, un samedi midi, heure à laquelle, dans beaucoup de foyers, le téléviseur est le centre de la communication indirecte...
Enfin, pour atteindre l'ensemble de la population, c'est la chaîne d'Etat RFO Martinique qui a transmis les informations sur le colloque lors du journal de 19 heures qui est regardé par une large majorité de la population.
Notre stratégie a bien fonctionné puisque nous avons bénéficié d'une bonne couverture médiatique lors du colloque ainsi que d'une large participation des autorités publiques.
Depuis le colloque, notre organisation, l'IFMES (Institut de Formation aux Métiers Educatifs Sanitaires et Sociaux) est devenue un institut de référence auprès des médias dans le secteur sanitaire et social.
Marie-Claire Lavater, IFMES, Martinique |