
Bienvenue sur le site consacré au réseau international des travailleurs sociaux de rue. Ce site vous permettra entre autre de prendre connaissance de toutes les activités et résultats réalisés dans le cadre du réseau; de participer au processus d'échanges de bonnes pratiques; de consulter un atelier local de travailleurs de rue et de devenir membre du réseau.
Dynamo International initie et coordonne cette véritable plate-forme de solidarité internationale pour les éducateurs de rue.
Bonne navigation, et n'hésitez pas à nous contacter.
Accompagnement de terrain des travailleurs sociaux de rue effectués par Philippon Toussaint (directeur ASBL Dynamo) à Sfax et Edwin de Boevé (directeur ONG Dynamo International) à Mellassine en janvier et février 2009. Mis en place depuis le début des années 2000, le travail social de rue prend peu à peu sa place dans le champ tunisien. Le Ministère des Affaires Sociales, de la Solidarité et
Mis en place depuis le début des années 2000, le travail social de rue prend peu à peu sa place dans le champ tunisien. Le Ministère des Affaires Sociales, de la Solidarité et des Tunisiens à l’Etranger (MASSTE) met en place depuis plusieurs années un programme de soutien et de consolidation des projets liés au travail social de rue afin de prévenir l’émergence en Tunisie d’un phénomène d’enfants des rues mais aussi de répondre au mieux à la problématique de l’enfance en danger.
L’objectif de cette mission en Tunisie est de coacher les travailleurs sociaux de rue des CDIS, Centre de Défense et d’Intégration Sociale, de Mellassine et Sfax durant 6 jours et d’appréhender avec eux (ainsi que leurs directeurs et responsables) les différents enseignements de ce coaching. Cette mission est soutenue par l’UNICEF et elle fait suite à une autre mission qui s’est déroulée en 2008.
Le CDIS a pour objectif global la prévention et la lutte contre la marginalisation de la famille et la protection de ses membres vis-à-vis des phénomènes de l’échec, de la déviance et des différents fléaux locaux.
Depuis 1993, 11 CDIS ont été créés en Tunisie.
Interview d’Edwin de Boevé:
1. Comment avez-vous perçu le quartier et les problématiques des jeunes des rues ?
J’ai été impressionné car il y avait énormément de jeunes et enfants dans les rues même lors des heures d’école, ce qui montre à quel point le décrochage scolaire est important dans ce quartier. Après avoir rencontré quelques jeunes, j’ai pu constater que beaucoup d’entre eux se trouvaient dans des problématiques lourdes telles que toxicomanie, décrochage scolaire, maladies mentales,…
D’autre part, je me disais aussi que c’était le quartier idéal : toutes les conditions étaient réunies pour faire un travail de rue de qualité. Le public cible, c’est-à-dire les jeunes, était très présent, ainsi que la population et de nombreux commerces, écoles, marchés. De plus, le quartier est très pauvre mais en même temps très proche de la Médina et des touristes. Cela me faisait penser à une microsociété locale. Je pouvais donc me baser sur la richesse de celle-ci pour faire du travail de rue.
2. Comment percevez-vous l’implication des politiques locales ?
En Tunisie, le gouvernement a un ministère de la défense sociale bien présent à travers les CDIS. Le travail qu’il fait est très intéressant, ils ont une réelle volonté d’accompagnement et d’aide sociale. Les gouvernements tunisiens sont bien développés en la matière, la Tunisie est d’ailleurs un des pays du Maghreb où les possibilités d’accompagnement social sont les plus nombreuses. Mais malgré tout, ils ne sont surtout présents que jusqu’à 18h et seulement dans 11 villes. Les enjeux sociaux et problématiques sociales sur le terrain restent donc nombreux. L’engagement et le développement des CDIS dans les quartiers tunisiens pourraient être repris comme exemples pour d’autres pays qui aimeraient s’investir dans le travail social de rue.
3. Quelles impressions ? Quelles images allez-vous retenir de la Tunisie ?
Le fait de coordonner le réseau au niveau international ne me permet pas toujours de me retrouver sur le terrain donc là c’était un vrai ressourcement d’y être à nouveau. En Tunisie, l’hospitalité est vraiment importante, j’ai été accueilli très chaleureusement. Les liens d’amitiés que j’ai eu, autant avec les travailleurs et éducateurs de rue qu’avec les responsables sont très importants pour moi. Ca été un réel enrichissement humain et personnel !
Interview de Philippon Toussaint :
1. Qu’est ce qui se fait déjà en termes d’accompagnement des jeunes dans ce quartier ?
Depuis déjà 4/5 ans du travail de rue est organisé dans 4 quartiers différents de Sfax. Et dans chacun d’eux les travailleurs de rue développent des approches méthodologiques différentes. Les résultats sont donc fort diversifiés et l’efficacité plus ou moins grande.
Par exemple, une des travailleuses investit beaucoup dans la relation avec l’ensemble de la population, les enfants et les parents. De plus, elle travaille énormément avec les prostituées, cette activité est probablement encore plus lourde à porter là bas qu’ici.
Il y a également du travail « outreach » : c'est-à-dire qu’ils vont chercher le jeune dans la rue pour l’emmener dans l’institution. Ce n’est évidemment pas le même objectif qui est attendu.
Mais en général, le travail de rue effectué est assez conforme à celui de Dynamo : il y a des tournées de quartiers considérées comme des permanences.
2. À la suite de la mission, qu’est ce qui va être fait concrètement ?
Cette mission à Sfax est déjà la troisième en Tunisie, on stagne donc un petit peu. En fait, pour avancer maintenant il faudrait que les travailleurs de rue affirment leur identité professionnelle. Et cela peut se faire grâce à l’aide de Dynamo International.
En effet, ils ont un potentiel, une bonne structure mais pour s’améliorer ils doivent affronter des obstacles administratifs, institutionnels, …
La prochaine étape à franchir c’est donc de les aider à construire un atelier tunisien et à monter leur identité professionnelle vis-à-vis des autorités.
Le reste suivra de manière logique !
3. Quelles impressions ? Quelles images allez-vous retenir de la Tunisie ?
Parmi les pays du Maghreb je ne connais que la Tunisie. J’ai beaucoup ressenti le fait qu’ici on est dans un pays musulman où la femme a une place différente de celle qu’elle occupe en Belgique. Mais, les principales personnes que j’ai côtoyées professionnellement étaient des femmes (la directrice du centre, la responsable Unicef Tunisie,…). Les femmes ont donc des activités professionnelles, par contre si tu vas boire un verre au bistrot, il n’y aura plus que des hommes.
J’ai aussi remarqué que derrière la façade touristique de la Tunisie, il y a beaucoup de misères. Mais le contact avec les enfants des rues se fait toujours très vite, qu’il soit ici ou là bas, malgré l’obstacle de la langue. Ils ont tous les mêmes espoirs, les mêmes envies de rire, de jouer,… Ce n’est pas difficile de nouer contact avec des enfants !
© Dynamo International | Rue de l'Étoile, 22 | B-1180 Bruxelles | Tél. +32 2 378.44.22.