
Bienvenue sur le site consacré au réseau international des travailleurs sociaux de rue. Ce site vous permettra entre autre de prendre connaissance de toutes les activités et résultats réalisés dans le cadre du réseau; de participer au processus d'échanges de bonnes pratiques; de consulter un atelier local de travailleurs de rue et de devenir membre du réseau.
Dynamo International initie et coordonne cette véritable plate-forme de solidarité internationale pour les éducateurs de rue.
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Quel bénéfice général pouvez-vous déjà tirer de ce séminaire ?
En premier lieu, nous sommes assez satisfaits du degré de participation : dans un contexte de crise et lors d’un moment particulièrement difficile en matière d’obtention de visas, nous avons réussi à réunir 25 personnes de 19 pays différents qui ont chacun pu financer leur propre voyage. De plus, 120 personnes de diverses régions ont participé aux Journées Ouvertes et nous avons aussi reçu divers soutiens économiques et logistiques pour que tout cela soit rendu possible. Avec tout cela, et avec une organisation générale satisfaisante, nous pouvons considérer que les réflexions partagées ont été très intéressantes, qu’il y a eu des moments pour que les gens se rencontrent et échangent, et que les travaux des coordinateurs du Réseau International des Travailleurs Sociaux de Rue ont pu servir à consolider notre structure. Ce fut également un pas vers le Forum de Bruxelles qui réunira en octobre plus de 400 éducateurs du monde entier en vue de produire des recommandations qui seront présentées à la Commission et au Parlement Européen.
Quelles questions / aspects importants, selon vous, ont été abordé(e)s lors des journées des 15 et 16 juin ?
Selon nous beaucoup d’éducateurs participants prennent le temps pour penser et construire les théories sur base de la pratique. Les propositions et réflexions sont en général basées sur la relation avec les gens, sur l’expérimentation et l’absence de préjugés, et il n’ya donc aucun dogme particulier à défendre, si ce n’est d’améliorer les pratiques. Nous pouvons épingler quelques thématiques qui ont traversées les journées : le défi que suppose la crise, la nécessite de mettre en application et d’accroître les formes d’éducation non-formelle, réaliser une éducation sociale basée sur les droits de la personne et non sur ses problèmes ou ses symptômes. Parler d’éducation, c’est parler de politique avec un P majuscule, et c’est de cela qu’il s’agit : parler d’inégalités, de la pauvreté et de la richesse, ne pas culpabiliser pour celui qui traverse une situation difficile tout en ayant une lecture systématique… Nous avons parlé des pratiques qu’il faut tenter d’avoir avec les personnes, qui tentent de les aider sur base de la relation et du respect et non de la discrimination ou de la morale. Nous remarquons également que les droits des enfants et des jeunes ne sont pas assurés, que cela vaut la peine d’investir en eux, que la crise ne peut être un prétexte, qu’il faut être autocritique, que nous devons apprendre à mieux présenter ce que nous faisons dans l’ombre, et que nous organiser en réseaux tentaculaires est devenu sinon un intérêt, quelque chose de vital.
Quelles réflexions ou conclusions pouvez-vous tirer de ce qui s’est dit au « Civican » ?
- Nous devons promouvoir le bonheur et plus parler des droits que des risques, des problématiques ou de symptômes.
- L’éducation non-formelle, l’éducation de rue avec les personnes vulnérables (en risque d’exclusion,…), est en partie un travail invisible. Mais nous devons apprendre à le raconter en respectant les personnes et la confidentialité de leurs histoires tout en expliquant et en mettant en valeur ces processus.
- La crise durera longtemps pour certaines personnes. Il nous faut démontrer la « rentabilité » des programmes de prévention, des actions qui promeuvent et protègent l’enfance. Et en plus de cette productivité des personnes impliquées, l’éducation non-formelle se doit de figurer à l’agenda comme l’est déjà l’école.
- La différence entre pays et entre contextes socioéconomiques est notable. Ce ne sont pas les mêmes choses qui sont en jeux et les injustices ne sont pas égales. Mais nous constatons cependant que les défis sont identiques, que nous pouvons tous apprendre l’un de l’autre, que les processus sociaux et éducatifs sont changeants, qu’ils vont et viennent, que la mondialisation nous rend beaucoup plus perméables et vulnérables. Nous attirons aussi l’attention sur la situation difficile de certains de nos collègues qui reçoivent des menaces et se voient freinés dans le développement de leur métier.
Pourquoi était-ce important ?
C’était important pour la richesse des voix et des expériences, pour la disponibilité des participants, pour l’envie de s’interconnecter et de « faire corps » ensemble, par la variété des pays, par le croisement des histoires professionnelles, parce que dans un contexte compliqué (des restrictions et plus de gens en risque d’exclusion à cause de la crise) il devenait urgent de se réunir, de penser ensemble et de tenter, grâce à l’échange avec l’autre, d’améliorer le travail que nous faisons.
Qu’ont apporté les participants étrangers à ce séminaire et au travail que développent les professionnels d’ici ?
Comme nous le disions, dans le contexte de globalisation qui est le nôtre, les processus sont similaires partout. Les modes sociales, les tendances de psychiatrisation de l’enfance, l’estimation des populations exclues, les traitements des symptômes et pas tellement des droits… Sans aucun doute, je crois que ce que nous apportent les éducateurs étrangers sont des histoires professionnelles différentes, d’autres manières de construire les réflexions, d’autres regards, de nouvelles solutions, des situations terribles avec d’énormes possibilités et bien souvent les mêmes choses dites en d’autres langues : et cette traduction nous apporte de nouvelles informations. Le réseau nous a apporté de l’air, de l’oxygène, de l’optimisme, et un endroit : le monde…
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